"Ce que l'on garde flétrit, ce que l'on transmet fleurit" Soyez les bienvenus sur le blog d'une apprentie entre Occident et Asie… Vous trouverez ici mes découvertes et lectures, et au fil des jours quelques partages variés… Bonne visite !
Chère lectrice ou cher lecteur, même si tu n’habites pas en Bretagne et encore moins dans la région de Brest, s’il te plaît lis quand même les lignes qui vont suivre …
Je fais partie depuis plusieurs mois maintenant d’une AMAP, c’est-à-dire d’une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Pour expliquer le principe en quelques mots à ceux qui ne connaîtraient pas, disons que des personnes désireuses de consommer des produits bio et locaux se regroupent et prennent contact avec des agriculteurs près de chez elles : les “consomm’acteurs” s’engagent pour la durée d’une saison de production (soit environ 6 mois) à prendre chaque semaine un panier de fruits et légumes et éventuellement d’autres produits à ces producteurs ; ceux-ci s’engagent à livrer chaque semaine des produits de saison, cultivés dans le respect de la terre et des pratiques de l’agriculture biologique. En plus c’est avantageux pour tout le monde : le prix des paniers est très abordable (pas d’intermédiaires !) pour les adhérents, et les agriculteurs sont assurés d’avoir un certain revenu et de pouvoir quantifier leur production et ainsi éviter les pertes.
Guillaume et Céline, fondateurs de l’AMAP Siam’Amaporte dont je fais partie ici à Brest, veulent aller plus loin dans cette démarche et sont en train de créer une sorte de grande AMAP… un projet pour relier encore plus de producteurs et d’adhérents dans ce magnifique bout du Finistère
Le projet s’appelle tout simplement “Court-circuit Pays de Brest”.
Leur mission
“Notre objectif, agir pour la relocalisation de l’économie en agissant en faveur de l’essor d’activités économiques de proximité, sociales et solidaires, soutenables écologiquement, conviviales, gérées démocratiquement et garantissant des emplois correctement rémunérés et stables.”
Au programme :
- Paniers bio très variés (légumes, fruits, pains, viandes, fromages, œufs, produits laitiers, poissons, jus, sirops, tisanes, herbes aromatiques… le tout produit localement bien entendu !
Certifications : Agriculture biologique (AB), Nature et Progrès, Biocohérence, Demeter
- Fournir la restauration collective (collectivités, entreprises, etc.) en produits issus de l’agriculture paysanne bio et locale sur tout le Pays de Brest
- Recréer une filière textile locale de la production (lin, chanvre, laine, etc.) à la distribution en passant par la transformation (vous me voyez venir là hein ?…)
- Créer une filière bois-énergie pour favoriser l’essor du maillage bocager par sa valorisation économique
- Organisation de sorties sur les fermes, sorties botaniques, ateliers cuisine, repas communs, chantiers d’aide aux paysans…
Après avoir obtenu une subvention de Brest (2500€), Court-Circuit a encore besoin d’argent pour démarrer, notamment pour tout le matériel, soit 5000€.
Cela peut paraître beaucoup, mais Céline et Guillaume font appel au système du micro-don, donc si nous sommes nombreux à donner même quelques euros, ils pourront rassembler la somme nécessaire au démarrage du projet.
Les dons sont fait sur le site Octopousse : nous avons jusqu’au 3 juin pour les aider à rassembler 5000€ minimum sur le site (sinon, personne n’est débité, et le don est annulé). Mais les chèques sont possibles également, à l’ordre de Court-circuit Pays de Brest (adresse : 24 rue fautras 29200 Brest). Pour tous les dons il y a une contre-partie sympathique !
A ce jour (19 mai) il y a déjà 3290 € de dons !
Alors même si vous n’êtes pas dans la région, si ce genre de projet vous parle, n’hésitez pas à les aider en donnant quelques euros pour les aider à atteindre les 5000 € !
Participer à une AMAP ou à un projet semblable va bien plus loin qu’une simple tractation “mon argent contre tes produits” : les adhérents d’une AMAP organisent eux-mêmes les distributions de paniers avec les producteurs, ainsi tout le monde est amené à se connaître. Et manger de bons produits, cultivés juste à côté de chez vous, par des paysans qui aiment leur métier et dont vous connaissez l’éthique de travail, ça change tout ! Quel plaisir de passer à la distribution papoter un moment, d’aller visiter la ferme d’Untel qui vous explique sa manière de travailler, ses enjeux et ses projets, ou de pouvoir filer un coup de main si besoin, sans parler de la découverte du panier chaque semaine (chez nous légumes, fruits de saison, et en option produits laitiers, pain, herbes aromatiques, oeufs, parfois viande, compotes, jus de fruits, crêpes…) !
Tout cela pour dire que je suis vraiment très heureuse de faire partie d’une AMAP… c’est pourquoi je voulais relayer ici un projet semblable auquel je crois vraiment aussi. Cela vous inspirera peut-être pour trouver une AMAP près de chez vous, voire pour en créer une !
Je relaye ici cette annonce d’un stage organisé par deux amis, qui avec un tel programme promet d’être une parenthèse enchantée… Que vous ayez envie de découvrir la peinture japonaise et le bâton ou que vous souhaitez enrichir votre pratique de ces arts, ce stage est fait pour vous !
Extraits…
“Au sein du lieu idyllique du Domaine du Taillé, au cœur de l’Ardèche, Manda et Jean Motte vous proposent un stage d’immersion à la calligraphie, la peinture japonaise traditionnelle et le maniement du bâton.
Le stage a lieu du dimanche 12 Août (matin) au dimanche 18 Août (soir) et comprend les cours animés par Manda et Jean Motte, l’hébergement et la pension complète.
Programme :
Le matin sera consacré à l’art du bâton et du sabre qui vous feront découvrir les notions de placement de votre centre, de respiration pleine et de libération des énergies. Pour participer au mieux à ce stage, il faudra une tenue confortable et ample ainsi qu’un bâton (Jo) et un sabre en bois (bokken) — à partir de 20 € les deux, chez Decathlon ou magasin spécialisé.
Tout au long de la journée, Manda vous fera découvrir la calligraphie et le sumi-e, art du juste nécessaire dont la pratique permet d’une part de développer l’intelligence du cœur. Libéré de ses habitudes, des pressions du quotidien, l’artiste assistera à la libération de sa capacité créatrice.
Le pinceau, après l’apprentissage de sa conduite, deviendra alors l’instrument d’une expression personnelle, que vous soyez débutant ou confirmé (le matériel est mis à disposition pour les participants qui n’en ont pas).”
“La Chine a réussi à intégrer le bouddhisme sans perdre son âme, elle fera de même avec les spiritualités de l’Occident. Mais ce qui est vrai pour la Chine l’est aussi pour l’Occident, qui doit cesser de singer le monde oriental en se satisfaisant d’une esthétique exotique au rabais et d’un dilettantisme spirituel qui tient plus de la paresse que de la sagesse.”
Vous vous souvenez peut-être du livre de Carole Martinez “Le coeur cousu” (qui fait partie de mes romans préférés) ? Quelle n’a pas été ma joie d’apprendre la sortie de son nouvel ouvrage, “Du domaine des Murmures” ! Je dois dire que je suis allée directement chez mon libraire pour l’acheter tant son premier roman m’avait plu…
A la fin du XIIème siècle, la jeune Esclarmonde refuse le jour de ses noces d’épouser celui à qui elle est promise, et annonce son intention de devenir une recluse, c’est-à-dire d’être emmurée vivante dans une chapelle pour consacrer sa vie à Dieu. Son voeu est exaucé mais elle en paye durement le prix… Et contrairement à ce qu’elle espère, ce n’est pas la solitude qui l’attend, mais les centaines de pèlerins qui se pressent pour la voir, solliciter ses prières et ses conseils. Tour à tour fervente et révoltée, la voix d’Esclarmonde nous parvient par la plume de Carole Martinez, et c’est tout simplement magnifique. C’est toute l’atmosphère d’un XIIème siècle religieux, exalté par les Croisades, et la vie de l’époque qui nous parvient par écho… A travers ce récit qui évoque un conte, une fresque médiévale, Carole Martinez rend leur voix aux femmes mystiques, comme une fenestrelle ouverte sur un choix aussi radical que déroutant, sur la vie intime d’une jeune femme que son choix dépasse. C’est le murmure d’Esclarmonde qui vous retiendra contre son souffle, et que vous emporterez comme un secret une fois le livre refermé.
“En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe. Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu’en Terre sainte. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.”
Ne manquez pas cette interview très intéressante de Carole Martinez à la librairie Dialogues à Brest :
Du domaine des Murmures de Carole Martinez, paru chez Gallimard en août 2011.