Livre : Du domaine des Murmures, de Carole Martinez

Vous vous souvenez peut-être du livre de Carole Martinez “Le coeur cousu” (qui fait partie de mes romans préférés) ? Quelle n’a pas été ma joie d’apprendre la sortie de son nouvel ouvrage, “Du domaine des Murmures” ! Je dois dire que je suis allée directement chez mon libraire pour l’acheter tant son premier roman m’avait plu…

A la fin du XIIème siècle, la jeune Esclarmonde refuse le jour de ses noces d’épouser celui à qui elle est promise, et annonce son intention de devenir une recluse, c’est-à-dire d’être emmurée vivante dans une chapelle pour consacrer sa vie à Dieu. Son voeu est exaucé mais elle en paye durement le prix… Et contrairement à ce qu’elle espère, ce n’est pas la solitude qui l’attend, mais les centaines de pèlerins qui se pressent pour la voir, solliciter ses prières et ses conseils. Tour à tour fervente et révoltée,  la voix d’Esclarmonde nous parvient par la plume de Carole Martinez, et c’est tout simplement magnifique. C’est toute l’atmosphère d’un XIIème siècle religieux, exalté par les Croisades, et la vie de l’époque qui nous parvient par écho… A travers ce récit qui évoque un conte, une fresque médiévale, Carole Martinez rend leur voix aux femmes mystiques, comme une fenestrelle ouverte sur un choix aussi radical que déroutant, sur la vie intime d’une jeune femme que son choix dépasse. C’est le murmure d’Esclarmonde qui vous retiendra contre son souffle, et que vous emporterez comme un secret une fois le livre refermé.

“En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire
« oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le
châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule
attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe. Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu’en Terre sainte. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.”

Ne manquez pas cette interview très intéressante de Carole Martinez à la librairie Dialogues à Brest :

Du domaine des Murmures de Carole Martinez, paru chez Gallimard en août 2011.

Henri Gougaud, petite sélection

Citation

Si vous ne connaissez pas déjà cet auteur, je vous invite à le découvrir très vite, que ce soit par ses ouvrages, ses soirées contes ou les envois quotidiens de ses pensées…

http://www.henrigougaud.fr

Voici une petite sélection des phrases reçues ces dernières semaines et qui m’ont touchée…

“Entre dans la nuit comme un chat, et dans le jour comme un lion. La nuit est la face cachée du jour.  Si tu apprends à te glisser dans les ombres, tu pourras la traverser en plein jour. Si tu désires goûter le jour alors que tu es dans la nuit, il te suffira de marcher dans la lumière de la lune.

La nuit, n’oublie pas le jour. Le jour, n’oublie pas la nuit. Chaque être porte en lui un  jour et une nuit. Goûte les deux.”

(Henri Gougaud, Les sept plumes de l’aigle)

Une question importante à se poser, c’est « Quel est mon projet ? ». Si vous savez clairement ce que vous voulez faire (que ce soit être artiste ou président de la république), vous saurez ce que vous devez accomplir pour y arriver. Sinon, vous serez dans la confusion, perdu dans vos contradictions. Et vous ne saurez pas évaluer ce qui vous éloigne ou vous rapproche de ce que vous voulez.

(Henri Gougaud, Parole d’Atelier)

Si nous étions capables de nous oublier, c’est-à-dire de dissiper, ne serait-ce que le temps d’un Pater, tout ce qui nous embrume, nous occupe, nous pèse, nous endort, nous distrait, la question de Dieu ne se poserait pas, simplement parce qu’il n’y aurait plus de questions. Si nous étions capables de cette sorte d’attention qu’on appelle l’amour, il n’y aurait plus que des évidences.

(Henri Gougaud, Le rire de la grenouille)

J’ai toujours pensé que l’âme médite pendant le sommeil et prend des décisions irrévocables, auxquelles l’homme éveillé doit obéir.

(Maurice Magre, cité par Henri Gougaud)